Chute de Daesh et sanctions américaines : quel avenir pour l’économie irakienne ?

Par Yanis A. , Madjid T. , Yannis T. et Zoé G.

Du 14 au 18 février 2018 a eu lieu la conférence internationale pour la reconstruction de l’Irak au Koweït, durant laquelle l’Irak a pu bénéficier de 30 milliards de dollars d’aide provenant de divers puissances régionales, internationales et ONG. Alors que la reconstruction irakienne avait été estimée à 88 milliards de dollars par le ministre de la planification irakien, Salmane al-Joumeili, un grand chantier de reconstruction et de financement de cette reconstruction s’ouvre dans les années à venir pour le pays.

Aujourd’hui, la conjoncture économique de l’Irak est assez favorable, notamment en raison de la hausse des cours du pétrole, aujourd’hui fixé à 66 dollars pour le baril de Brent. De plus, le retrait américain de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien a clairement établi la ligne diplomatique de l’administration Trump qui a averti que les pays qui continuaient à faire affaire avec l’Iran, y compris leurs alliés en Europe et au Moyen-Orient, pourraient être passibles de sanctions. Pour autant, cela ne signifie pas que les Etats-Unis ne continueront pas de fournir une aide considérable aux forces armées irakiennes. Les américains comptent en effet maintenir leurs forces sur place, soit environ 7000 hommes.

Cependant, l’Iran est un partenaire commercial déterminant pour l’Irak, les deux pays partageant une frontière de 1 400 km. La récente majorité irakienne ainsi que le premier ministre Adel Abdel-Mehdi devront donc faire un choix diplomatique qui déterminera la ligne de conduite irakienne vis-à-vis de ces sanctions. De plus, même si l’Etat islamique a été déclaré officiellement vaincu sur le plan militaire le 9 décembre 2017, l’Irak reste confrontée au risque sécuritaire et à la perspective d’attentats. Ce contexte instable invite, en dépit du renouveau économique irakien, à se demander si l’Irak représente un risque ou une opportunité pour de potentiels investisseurs internationaux ou régionaux, notamment français.

Un climat politico-économique interne peu propice au développement, du fait de défaillances structurelles persistantes

L’économie Irakienne connaît deux principales caractéristiques, elle est d’une part dominée par le secteur des hydrocarbures (c’est la quatrième plus grande réserve prouvée de pétrole brut au monde) et d’autre part, elle est fortement nationalisée, l’état étant le premier employeur du pays. Cependant, bien que les hydrocarbures représentent un poids important dans l’économie irakienne (soit 85% des ressources budgétaires du gouvernement et 80% des devises étrangères), ce secteur stratégique pourvoit uniquement 1% des emplois. Néanmoins, d’autres secteurs d’activités représentent une part importante du PIB comme les services à 54,6%, le secteur industriel à 40,6% (la plupart de l’activité manufacturière nationale concerne le secteur de l’industrie pétrolière). Le BTP a progressé grâce aux besoins de reconstruction suite aux conflits récents qui ont frappé l’Irak. Le secteur agricole a une importance relative, représentant seulement 4,8% du PIB. C’est un bon exemple de la faible diversification économique irakienne et de la dépendance aux hydrocarbures car malgré un sol fertile et des ressources hydriques en croissance, le pays continue à importer la plupart des denrées alimentaires.

La situation Irakienne est donc a priori peu propice au développement économique par les investissements étrangers. Beaucoup de ces facteurs sont internes comme des faiblesses structurelles et une économie informelle répandue, facilitée par une politique instable et corrompue. A ces freins historiques s’est ajoutée la menace terroriste qui a pesé fortement sur l’économie et qui dissuade encore beaucoup d’investissements étrangers.

La structure même de l’état irakien et de ses institutions commerciales représente un premier facteur pouvant freiner l’essor de son économie. Le premier obstacle est juridique : peu de textes de loi encadrent les activités économiques en Irak et un flou certain règne autour de ceux déjà existant. A ce manque d’encadrement légal s’ajoute le problème des méandres administratives, inévitable, avant de permettre l’installation d’une entreprise étrangère sur le territoire. Peu informatisés, organisés en de multiples sous sections, et très rarement anglophones, les services du ministère du commerce sont notamment au cœur du problème. Cette situation est notamment issue de la création de l’Autorité Provisoire de la Coalition en mai 2003 par les Américains qui, par sa politique de « débaathification » a achevé la désorganisation complète du système politique et administratif du pays. En outre, la faiblesse et l’étroitesse du secteur bancaire peut être un élément supplémentaire de dissuasion pour l’investissement d’entrepreneurs potentiels.

Ainsi, s’il est difficile pour des entités irakiennes de monter une structure solide légalement et pérenne, la démarche pour une entreprise étrangère non arabophone le sera d’autant plus.

Le manque d’encadrement judiciaire et les complexités administratives évoquées ut-supra ont notamment eu pour conséquence le développement d’une économie informelle très poussée et encouragée les trafics en tous genres. Cette dernière s’est traduite d’une part par un trafic de produits en dehors des circuits réglementés, d’autre part par la fabrication et le commerce de produits de contrebande.

En outre, ce phénomène a été renforcé par un climat politique instable et touché par la corruption, ce que montre les élections législatives qui se sont tenues le 12 mai 2018. En effet, les premiers résultats de ces élections ayant été contestées, le haut comité électoral a ensuite procédé à un recomptage des voix qui a finalement été proclamé par la cour suprême le 30 août dernier et ce n’est que le 24 octobre que les tractations ont permis d’aboutir à la désignation d’un premier ministre et donc à la formation d’un nouveau gouvernement. Pendant cet intervalle les services régaliens ont fonctionné au ralenti, ce qui peut décourager les investisseurs. Enfin, les collusions entre le milieu économique et le milieu politique sont extrêmement fréquentes et le niveau de corruption est extrêmement élevé. En effet, selon Transparençy International[1], l’Irak serait classée 169ème sur 180 en terme de corruption.

L’année 2017 a été marquée par la reprise de Mossoul par les forces nationales irakiennes, soutenues par la coalition internationale, les forces kurdes principalement. Cet événement a marqué progressivement la fin du contrôle de Daech sur près d’un tiers du territoire du pays, plus particulièrement le Nord-Ouest. Ainsi, l’annonce de la victoire contre Daech par l’ex premier ministre irakien Hadir Al-Abadi et l’amélioration progressive des conditions sécuritaires ont permis un élan économique certain. D’abord, le secteur agricole s’est vu fortement stimulé par la libération des provinces du nord-est, les plus productives en la matière. Le secteur de la construction a également connu une embellie face à l’augmentation de la demande de construction d’infrastructures publiques et privées dans les territoires nouvellement libérés.

Cependant, la menace terroriste a toujours un effet négatif sur l’économie. La stratégie de Daech en Syrie et en Irak a été similaire et a consisté en l’exploitation des manquements législatifs et de gouvernance évoqués ut-supra. Daesh s’est appuyé sur le commerce de contrebande (cigarettes, drogues, hydrocarbures, contrefaçons) pour financer ses activités terroristes. Ces activités ont pu décourager davantage les investisseurs en plus du conflit ouvert entre les différentes factions.

Pourtant, c’est principalement l’aspect dissuasif qui a causé le plus de dommages à l’économie irakienne. Bien que la menace existe, elle ne représente pas un risque drastiquement plus élevé qu’ailleurs pour les entreprises.

L’environnement stratégique régional et international de l’Irak : un enjeu majeur pour la reconstruction

La fin du conflit ouvre de nouvelles perspectives de reconstruction pour l’Etat irakien : il s’agira d’analyser comment le contexte géopolitique influe ces projets, notamment car le retrait américain de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) pourrait fortement contraindre les capacités irakiennes à entamer cette reconstruction, alors l’Iran demeure le deuxième partenaire commercial de l’Irak, après la Turquie.

La conférence internationale sur la reconstruction de l’Irak au Koweït a estimé le montant des reconstructions à près de 88 milliards de dollars. Il a donc été nécessaire que des investissements de l’étranger, aides humanitaires ou étatiques s’inscrivent dans cette démarche. Parmi les impératifs de reconstruction du pays, les infrastructures de base dont va manquer la population irakienne sont au premier plan. A cet effet, le président du fond de reconstruction pour les zones touchées par les combats contre l’EI, Mustafa al-Hiti s’est inquiété de l’insuffisance des programmes de reconstruction d’ores et déjà engagés qui ne couvrent qu’1 % des besoins de l’Irak, à quoi s’ajoute le fait que plus de 138 000 maisons ont été endommagées dont la moitié sont complètement détruites.

Dans cette perspective, des aides de nombreux états et organisations internationales ont répondu à cet appel : c’est le cas de la Turquie qui est le pays donateur de la plus grosse contribution à la reconstruction de l’Irak, avec un montant de 5 milliards de dollars. Le Koweït  a proposé 2 milliards de dollars, alors que la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite et le Qatar ont annoncé une aide estimée à 1 milliard de dollars chacun selon Karim Pakzad spécialiste de l’Irak et chercheur à l’IRIS.

Il reste nécessaire de rappeler que l’Irak demeure fortement dépendant de l’Iran, notamment en terme d’approvisionnement énergétique puisque près de 25% des besoins en électricité du pays dépendent de ce pays frontalier, selon la Direction générale du Trésor. Les deux Etats échangent également du gaz et des denrées alimentaires (fruits et les légumes). Aussi, l’an dernier l’Irak a exporté environ 6 milliards de dollars de produits iraniens (produits agricoles, voitures) à hauteur de 15% des importations totales du pays. L’Irak subit d’ores et déjà les conséquences des sanctions américaines. Celles-ci ont conduit à une perte de moitié de la valeur du rial iranien par rapport au dollar, ce qui a pour conséquence de dévaluer les dépôts irakiens se trouvant dans les banques iraniennes effectués au moment où l’économie iranienne s’intégrait au commerce international grâce à l’accord de Vienne de 2015. Dans ce contexte, le retrait américain du JCPOA pourrait couper un des canaux de financements important de la reconstruction irakienne compte tenu des liens commerciaux entretenus entre l’Iran et l’Irak.

Les négociations en cours entre l’Etat irakien et deux géants du secteur énergétique vont également être déterminantes dans le cadre de la reconstruction irakienne. Un protocole d’accord a été signé le 21 octobre 2018 avec l’américain General Electric et groupe allemand Siemens afin de construire et développer l’infrastructure électrique de l’Irak[2]. Ce projet représentant près de 15 milliards de dollars sur lequel Siemens semblait favori a, selon un officiel du ministère irakien de l’Électricité, fait l’objet de pressions de l’administration américaine dans le but de partager le contrat avec le General Electric.

 A ce jour, l’aboutissement des négociations n’a pas été rendu public mais le marché devrait se répartir entre les deux entreprises. Dans le même temps, les Etats-Unis exercent des pressions régulières sur l’administration irakienne pour faire émerger de nouvelles alternatives énergétiques, alors que l’Etat a longtemps dépendu du gaz iranien pour faire fonctionner ses centrales électriques. Un délai de 45 jours avait d’ailleurs été fixé dernièrement par l’administration américaine, suite auquel le département du Trésor américain a adopté le 17 octobre 2018 des sanctions contre une entreprise de transfert de fonds Afaq Dubai basée en Irak, pour avoir déplacé des fonds pour le compte du mouvement DAESH en Irak et en Syrie[3]. Plus globalement, l’Irak « ferme les yeux » sur les « activités iraniennes informelles pour contrer les sanctions ». L’Iran pourrait chercher à « obtenir des devises via le change irakien et via des opérations de contrebande » selon Noussaibah Younès, chercheuse associée au European institute of peace[4].

Ainsi, l’Irak se trouve prise en étau entre ses deux grands alliés, au centre desquels elle se trouve et desquels elle dépend politiquement et économiquement. Les Etats-Unis devraient continuer à exercer leur pression et à soutenir l’indépendance énergétique irakienne, même sur le long terme. L’Irak a ainsi signé au début de l’année 2018 un protocole d’accord avec Orion Gas Processors, une compagnie américaine afin d’exploiter le gaz du champ pétrolier de Ben Omar dans le sud de l’Irak[5]. Les dirigeants irakiens, malgré leur faible marge de manœuvre essaient et devrait continuer d’essayer de temporiser leurs relation avec l’Iran tout en essayant de les maintenir.

L’Arabie-Saoudite, inscrite dans une dynamique régionale, souhaite renforcer son rôle dans la reconstruction irakienne

L’Arabie Saoudite a également un rôle majeur dans la reconstruction irakienne. Les intérêts saoudiens convergent avec la position américaine vis à vis de l’Iran. La crainte de voir l’Iran se maintenir comme une puissance régionale et constituer une menace pour les intérêts saoudiens et la stabilité de la région explique l’implication de l’Arabie Saoudite dans la reconstruction irakienne. La monarchie du Golfe y voit l’occasion de durablement éroder le liens entre deux États majoritairement chiites et frontaliers, même si on ne peut oblitérer les liens géographiques, culturels et religieux de l’Iran avec l’Irak, et la volonté commune de lutter contre l’Etat islamique.

Pour contrer les liens commerciaux entre les deux Etats, l’Arabie saoudite, vient d’accorder à Bagdad, avec notamment l’engagement du ministre des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir, un prêt d’un milliard de dollars accordé par le Fonds saoudien pour le développement et un crédit à l’exportation de 500 millions de dollars[6]. Elle met à profit les velléités d’indépendance kurdes afin d’ouvrir de nouvelles relations commerciales avec l’Irak[7]. Une de ses délégations avait par exemple été reçue par le gouvernement régional du Kurdistan. Parmi les projets potentiels évoqués lors des discussions figuraient des vols directs entre l’Arabie Saoudite et le Kurdistan mais aussi l’ouverture de banques saoudiennes dans la région autonome. Ces projets devraient se multiplier à l’avenir pour tenter d’éroder l’influence iranienne dans la région.

Ce regard sur l’environnement économique et politique de l’Irak aujourd’hui,  tant sur le plan interne que sur le plan du climat régional et international permet de comprendre les perspectives et les obstacles auxquels l’Etat irakien est confronté dans sa reconstruction. Il convient dès lors de s’interroger sur les aspirations futures de l’Irak, de sa marge de manoeuvre en terme d’ouverture de son économie aux investissements étrangers, notamment au regard des progrès conjoncturels et des prévisions positives économiques évoquées pour l’année 2019.

L’embellie de l’économie irakienne constituera un cadre propice à l’investissement français même si la situation politique intérieure, apaisée, reste préoccupante

            L’amélioration de la situation économique irakienne en 2018 est appelée à se poursuivre en 2019. La remontée des cours du pétrole, malgré une baisse conjoncturelle, ainsi que le paiement d’une partie des arriérés de l’État aux compagnies pétrolières étrangères vont favoriser une hausse de la production pétrolière. L’Irak est d’ailleurs redevenue en septembre, le second producteur de pétrole au monde, selon l’OPEP. L’Irak devance l’Iran, sous le coup des sanctions américaines, et talonne le leader saoudien. La production journalière de pétrole est ainsi deux fois supérieure à celle d’il y a 8 ans et trois fois supérieure à celle d’il y a 15 ans. Cela entraîne une hausse des recettes de 8 milliards de $ à Bagdad, ce qui devrait se confirmer en 2019.

            La hausse des cours du pétrole et les efforts structurels effectués dans le cadre d’un accord avec le FMI ont permis de réduire le déficit public en 2018. La réduction des dépenses, notamment avec la baisse de la rémunération des fonctionnaires, qui représente 40% de la dépense publique, le non-remplacement de départs en retraite et la hausse des revenus issus des taxes indirectes ont pu rassurer les investisseurs même si le déficit public reste financé par des prêts multilatéraux, ce qui accroîtra la dette publique sur le long-terme.

            Les perspectives en 2019 devraient être positives grâce à deux événements politiques attendus : l’arrivée d’un gouvernement stable au pouvoir le 25 octobre 2018 et l’accord conclu au Kurdistan irakien à Kirkouk, permettant de nouveau l’exploitation du pétrole en direction de la Turquie.

            Le premier ministre Adel Abdel Mahdi a mis fin à une impasse politique de 5 mois, ouverte en mai 2018. Après sa nomination il a insisté sur le retour de la stabilité et le développement économique du pays. Signe de sa volonté d’apaiser les tensions et de réaffirmer la légitimité étatique, il a nommé le kurde Fouad Hussein au poste de ministres des finances, soutenu par le PDK, parti Kurde du Kurdistan et annoncé vouloir récupérer les armes du pays détenues par de nombreuses milices.

            Francophone, le premier ministre recevra la visite du président Emmanuel Macron en février 2019. Son profil, ainsi que la volonté du Président de la République de conforter l’engagement français en vue de reconstruire l’ancienne Mésopotamie peut ouvrir de nouvelles perspectives pour les entreprises françaises, que ce soit dans le secteur de la construction, de l’industrie pétrolière ou de la sécurité.

            Le 16 novembre 2018, le ministre du pétrole irakien a annoncé la reprise des exportations des champs de pétrole proche de Kirkouk[8], ville qui ne fait pas partie du territoire kurde acquis à l’indépendance. Un accord conclu avec les kurdes permettra d’acheminer l’équivalent de 100 000 barils de pétrole par jour en direction de la Turquie. Cet accord était devenu primordial compte tenu de l’arrêt des exportations en direction de l’Iran suite aux sanctions américaines. Il montre la capacité de résilience du gouvernement irakien ainsi que sa fermeté, car il obtiendra l’essentiel des recettes issues de l’exploitation. La rapidité avec laquelle l’accord a été conclu montre une volonté du gouvernement irakien de se présenter comme un acteur crédible de la production pétrolière, et possiblement de se poser en alternative à l’Iran.

            L’échec du référendum de 2017 a fragilisé la situation économique du Kurdistan et ses rapports avec les pays frontaliers, notamment la Turquie, ou encore le Liban et l’Egypte qui avaient fermé leurs lignes aériennes. La reprise de l’exploitation pétrolière en faveur du gouvernement de Bagdad devrait, au moins à moyen terme, taire les ambitions indépendantistes de la région autonome.

            Cette apparent coup de force pourrait à l’échelle internationale, placer l’Irak sur la voie du renouveau. À moyen terme, la chute de l’État islamique et les sanctions américaines contre l’Iran peuvent en faire un producteur d’hydrocarbure crédible, d’autant plus que l’augmentation des cours va augmenter les recettes de l’État.

            La conférence internationale pour la reconstruction de l’Irak de février 2018 a été l’occasion pour le gouvernement d’envoyer un message positif aux investisseurs étrangers. Cette ambition a reçu le soutien des Nations Unies le 16 novembre 2018 après que Jan Kubis, envoyé spécial de l’organisation a appelé la communauté internationale à soutenir cette reconstruction.

            Sur le plan du développement des infrastructures électriques toutefois, les opérateurs français ne devraient pas, même à long-terme, obtenir de nouveaux contrats. Le protocole d’accord signé entre Siemens et General Electric montre l’édification d’un duopole appelé à durer sur le long-terme et appuyé par l’administration américaine.

            S’agissant de l’exploitation gazière, l’Irak jouit d’un potentiel inexploité : l’Irak a souffert d’une stagnation technologique accentué par les récents conflits. Pour le Ministère des Affaires étrangères, les installations d’extractions pétrolières vieillissantes ne permettent pas de collecter de manière satisfaisante le gaz enfoui à proximité. L’administration irakienne semble avoir émis la volonté d’exploiter ce gaz, d’autant plus qu’il est nécessaire pour alimenter les centrales électriques du pays. Pour la Direction générale du Trésor, les opérateurs français auraient tout intérêt à se placer sur ce marché, soit pour exploiter eux-mêmes les gisements soit pour former les opérateurs irakiens, avant que des concurrents étrangers ne saisissent cette opportunité.

            Les entreprises françaises peuvent bénéficier d’opportunités en terme d’infrastructures de transports, dont l’Irak est déficitaire. Selon la Direction générale du Trésor, l’État irakien pourrait lancer des appels d’offres concernant la construction d’aéroports, de métros et de structures d’assainissement d’eau potable. Les infrastructures ferroviaires ne sont pas concernées, compte tenu du risque terroriste et de l’incapacité logistique d’assurer la sécurité de telles infrastructures. Concernant le secteur de la construction, les grandes entreprises françaises et intermédiaires comme Matière devront obtenir davantage de financements à l’orée 2019, dans la logique « business friendly » annoncée en février 2018.

La chute de l’État islamique n’est pourtant pas confirmée : les mois à venir seront cruciaux et les premières décisions économiques du nouveau gouvernement conditionneront la pertinence du discours de Daesh auprès de la population irakienne. De nombreuses voix s’élèvent pour affirmer que l’annonce en décembre 2017 de la victoire contre l’État islamique par les forces américaines et irakiennes était prématurée. Si l’État islamique n’a plus les attributs d’un proto-état, ses dirigeants ont déjà anticipé le retour à mode opératoire plus classique : la guérilla et les opérations de nuits. Par ailleurs, le pays doit faire face au retour des djihadistes venant du front syrien, qu’il estime à 2000, chiffre qui pourrait être sous-estimé.

Il s’agira d’observer si le nouveau gouvernement irakien réussit à contenir les assauts terroristes en 2019 et s’il prend des décisions économiques en faveur de la population irakienne. En faisant émerger une classe moyenne solide sur le long-terme, ce qui n’arrivera que s’il procède de manière active à une répartition des richesses plus égalitaire, le gouvernement irakien, d’une part affaiblira le discours djihadiste, d’autre part fera émerger de nouvelles sources de richesses nécessaires au développement de l’économie du pays. Dans le cas contraire, le statu-quo pourrait replonger l’Irak dans un conflit généralisé qui ne créerait pas les conditions du retour de l’investissement étranger.

            Pour l’instant, la situation sociale du pays reste tendue[9]. Si l’exemple kurde est une victoire du gouvernement irakien, les divergences ethnico-religieuses, amplifiées par la présence sur certains territoires de ressources naturelles, restent vives, notamment au nord et à l’ouest du pays. En 2013, la province de Ninive, au nord-ouest du pays et la province de Bassora, au sud-est plus récemment ont fait part d’ambitions séparatistes. Aujourd’hui, les mouvements sociaux en faveur de la répartition des richesses, de services publics de qualité et la lutte contre la corruption se sont ravivés.

La contestation initiée début juillet suite à la contamination de près de 100 000 personnes après la consommation d’eau a réveillé les volontés protestataires, même dans les régions épargnées par les conflits. Les mobilisations ont consisté à couper l’accès de certains champs pétroliers, notamment à Ben Omar. Les mesures sociales prises par le gouvernement en 2019 seront cruciales pour éviter à l’Irak de replonger dans l’instabilité politique.

Les perspectives de développement de l’économie irakienne à la lumière des sanctions à l’encontre de l’Iran

L’objectif pour l’Irak, dont l’industrie a souffert de l’embargo des années 1990 et des conflits à répétition, est de conserver ses liens commerciaux, notamment avec son grand voisin iranien. L’Irak, fortement dépendante de l’Iran pour ses hydrocarbures, avait signé en 2013 un agrément avec l’Iran afin d’en recevoir du gaz naturel destiné à alimenter les centrales électriques de Bagdad et de Diyala. Cependant, Washington a octroyé, le 8 novembre dernier, un délai de 45 jours à l’Irak pour se délester de ses importations de gaz et de pétrole iranien. Alors que le pays pourrait atteindre une auto-suffisance énergétique dans les années à venir, l’Etat irakien n’a d’autre choix que de s’émanciper de cette dépendance à l’égard de l’Iran

L’Iran se classe au 3e rang mondial avec 6,1 % de la production mondiale de gaz naturel, derrière les États-Unis (20,0 %) et la Russie (17,3 %), et devant le Qatar (4,8 %). Les réserves de gaz naturel étaient estimées à 33 200 milliards de m3 fin 2017. Ces réserves classaient l’Iran au 2e rang mondial avec 17,2 % du total mondial, derrière la Russie (18,1 %). Les réserves sont principalement situées en mer, bien que la production soit en grande partie terrestre, associée au pétrole. En 2017, l’Iran a produit 223,9 milliards de m3 de gaz naturel.

Les réserves prouvées de gaz naturel de l’Irak étaient estimées à 3 500 milliards de m3 fin 2017. En 2017, l’Irak a produit 10,4 milliard de m3 de gaz naturel et a consommé 12,0 milliards de m3 de gaz naturel. Cependant, les rejets de gaz naturel sont brûlés par des torchères durant les différentes étapes de l’exploitation du pétrole et du gaz naturel. On parle de torchage, ou de flaring, qui causerait la perte annuelle de 2,5 milliards de dollars. L’Irak était en 2014 le 4e pays au monde pour le torchage de gaz naturel, après la Russie, l’Iran et le Venezuela. La cause principale du torchage en Irak est le manque d’infrastructures destinées à transporter et stocker le gaz afin de l’utiliser ou de l’exporter, ce qui contraint l’Irak a importer du gaz naturel iranien pour alimenter ses centrales

Afin de réduire le torchage, la compagnie nationale South Gas Company[10] avait conclu un accord avec Shell et Mitsubishi en 2016 pour créer une co-entreprise, Basrah Gas Company[11], dédiée à la récupération du gaz torché dans les trois grands gisements du sud : Rumaila, West Qurna 1 et Zubair. L’objectif était d’atteindre à l’horizon de 2018 une capacité de traitement de gaz de 2 milliards de pieds cube ; à plus long terme, la construction d’un terminal méthanier permettrait d’exporter le gaz en excès lorsque les besoins d’électricité seront satisfaits.

À l’heure actuelle, Basra Gas Company traite près de 1 milliard de pieds cubes de gaz par jour par l’intermédiaire de deux trains de liquides de gaz naturel. Trois trains supplémentaires sont en cours d’installation, ce qui permettra de porter ce chiffre à 1,4 milliard de pieds cubes par jour au cours des deux ou trois prochaines années, afin d’atteindre les 2 milliards de pieds cube prévu. Le gaz sec est livré au secteur de l’électricité et le gaz de pétrole liquéfié (GPL) est destiné au marché intérieur, avec également la production excédentaire de GPL exportée du port d’Umm Qasr. Près de la moitié du gaz qui était brûlé dans les trois grands champs est maintenant traitée.  L’augmentation de la production de gaz naturel et de LGN dépassera éventuellement la demande intérieure et Shell souhaite développer un complexe pétrochimique dans lequel les volumes de gaz collectés pourront être utilisés comme matière première.

En août 2018, la compagnie nationale irakienne Basra Oil Company et Chevron ont convenu de la mise en œuvre d’un mémorandum d’accord visant à développer les champs dans le sud du pays. Les dirigeants des deux sociétés avaient signé un accord définissant un programme de développement des champs. Le ministre irakien du Pétrole, Jabar al-Luaibi, avait annoncé en juin que Basra Oil et une autre société publique, Dhi Qar Oil, avaient signé un protocole d’accord avec Chevron. Le protocole prévoit que Chevron réalisera des enquêtes et des études sur les sites et les installations pétrolières et aidera les deux sociétés irakiennes à améliorer leurs performances techniques, administratives et financières. Il existe par ailleurs plusieurs projets de gazoducs portés par différents acteurs, tous deux au point mort :

  • Un dernier projet dans la région existe, l’Islamic Gas Pipeline (IGP), dont l’accord de principe entre l’Iran, l’Irak et la Syrie date de juillet 2011. Et si la signature a abouti après le début de l’insurrection syrienne, ses négociations ont débuté bien avant.

Ces projets de gazoducs sont pour l’instant au point mort. Le projet le plus récent, IGP, peut difficilement être considéré comme viable puisqu’il envisage de passer par deux pays en pleine guerre civile, l’Irak et la Syrie, ainsi que par des zones contrôlées par ce qui deviendra par la suite l’organisation État islamique.

Si l’Irak semble s’engager auprès des États-Unis et de ses entrepreneurs, il n’hésite toutefois pas à rassurer Téhéran, déjà sous le coup depuis plus de trois mois d’une première série de sanctions et dont les secteurs pétroliers et financiers sont désormais ciblés.

Afin de ne pas ternir ses relations avec Washington, l’Irak poursuivra ses importations iraniennes, mais en dinars irakiens et non pas en dollars. En effet, déplorant l’exclusion des systèmes bancaires iranien et irakien lors des transactions effectuées en dollars entre les deux pays, le chef de la Chambre de commerce irano-irakienne avait annoncé en septembre 2018 renoncer à la devise américaine pour les échanges bilatéraux, ce qui permettrait d’éviter les sanctions américaines du fait de l’extra-territorialité du droit américain. L’Iran pourrait ainsi poursuivre ses activités de manière informelle et contourner les sanctions. Hors hydrocarbures, les achats irakiens représentent un montant important. En 2017, l’Irak a déboursé pas moins de 5,7 milliards d’euros afin d’importer d’Iran des biens de consommation, soit environ 15% du total des importations irakiennes, notamment des produits alimentaires, des produits agricoles, des appareils ménagers, des climatiseurs et des pièces de voiture. Lors de sa première visite officielle à Téhéran le 17 novembre 2018, le président irakien Barham Salih a affirmé que le montant des échanges commerciaux entre les deux pays devrait passer de 12 à 20 milliards de dollars. Les deux pays ont affirmé que le délai de 45 jours était insuffisant, et qu’ils avaient besoin de plus de temps afin de trouver une alternative. Ils ont par ailleurs évoqué la possibilité de mettre en place des zones de libre-échange et de partager les chemins de fer des deux pays. Plus d’un an après l’arrêt des exportations en raison de troubles entre l’État irakien et l’administration kurde autonomie, les champs pétrolifères proches de la ville de Kirkouk[12] sont de nouveau exploités. La région exportera entre 50 000 et 100 000 barils de pétrole brut par jour en Turquie. La prise de contrôle par les forces fédérales des champs pétrolifères de Kirkouk[13] en octobre 2017 a mis fin aux exportations, ce qui a coûté plusieurs milliards de dollars aux deux parties. Traversant la région kurde, l’oléoduc en Turquie est le seul à la disposition de Kirkouk pour l’exportation. Bien entendu, les revenus de la reprise des ventes iront au gouvernement fédéral irakien. L’Irak exportait 300 000 barils de pétrole par jour de Kirkouk lorsque la ville était sous administration kurde. La prise de contrôle a porté un coup dur aux finances de la région et a entraîné une réduction des salaires dans le secteur public.

Alors que les implications de la deuxième série de sanctions américaines contre l’Iran sur l’économie régionale sont en cours de discussion, les produits turcs pourraient dominer le marché irakien avec la baisse des importations de produits iraniens. Le président du Conseil des relations économiques extérieures de la Turquie et de l’Irak, Emin Taha, a déclaré que l’Irak avait jusqu’à présent préféré les biens de consommation iraniens au quotidien en raison de leurs prix. Soulignant que de nombreux produits alimentaires, notamment la viande, les œufs et les légumineuses sèches, ainsi que les produits à base d’huile et les matériaux de construction en plastique, ne peuvent plus être importés d’Iran, Emin Taha a affirmé que les produits achetés jusqu’ici à l’Iran pourraient être désormais fournis par la Turquie, ce qui serait une opportunité pour les entreprises turques. Les échanges entre la Turquie et l’Irak ont atteint 10,6 milliards de dollars en 2017, contre près de 870,7 millions de dollars en 2003. L’année dernière, l’Irak était au quatrième rang des marchés d’exportation de la Turquie avec une part de marché de 5,8%. Alors que les exportations turques à destination de l’Irak s’élevaient à 9 milliards de dollars l’année dernière, ses importations en provenance du pays ont atteint 1,5 milliard de dollars.

Première cliente de l’Iran, la Chine a  aussi beaucoup à perdre dans la guerre commerciale que lui mènent les Etats-Unis. Les compagnies pétrolières d’État chinoises tentent de faire bonne figure : elles n’achèteront pas de pétrole iranien. Néanmoins, la Chine s’est engagée à participer au processus de reconstruction de l’Irak, qui subit également de plein fouet les effets des sanctions américaines à l’encontre de l’Iran. La Chine est de surcroît un client potentiel de l’Irak sur le marché du pétrole.  Lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur l’Irak, le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, Ma Zhaoxu, a déclaré que le gouvernement irakien devait accélérer son processus de reconstruction nationale, exploiter pleinement ses ressources, promouvoir son développement économique et renforcer sa capacité à fournir des services publics. “La communauté internationale doit continuer à apporter son soutien et son assistance à l’Irak, à améliorer sa situation humanitaire, à aider le pays dans son redressement économique et à créer un environnement favorable à sa reconstruction nationale”, a-t-il ajouté.

            Le partenariat entre l’Irak et la Chine impliquerait une augmentation spectaculaire du commerce du pétrole. Les exportations de pétrole irakien vers la Chine sont passées de zéro en 2007 à 270 millions de barils par an d’ici à 2017, ce qui le place au deuxième rang derrière l’Arabie saoudite au Moyen-Orient et représente environ 8,8% du total des importations de pétrole chinois. Le rôle croissant joué par la Chine dans le secteur pétrolier irakien a été mis en lumière en janvier lorsque l’Irak a annoncé son intention de construire une raffinerie de pétrole dans le port de Fao, dans le Golfe, en partenariat avec deux sociétés chinoises. Le ministère irakien du Pétrole a nommé ces sociétés Power China et Nerco Chinese. Le ministère a déclaré que la raffinerie aurait une capacité de 300 000 barils par jour. De plus, Bagdad a attribué un contrat à la société chinoise Zhenhua Oil pour développer davantage le champ pétrolifère de l’est de Bagdad. Le mois dernier, le ministère irakien de la Défense a publié une vidéo présentant des drones armés CH-4B[14] fabriqués en Chine destinés à être utilisés contre les cibles terroristes. Environ 60% de l’électricité dans la capitale irakienne, Bagdad, est produite par des entreprises chinoises. Dans un article publié le mois dernier sur le site Web de China Global Television Network, le professeur Zhou Rong de l’Institut d’études financières de Chongyang de l’Université Renmin de Chine a déclaré que les entreprises nationales chinoises constituait la plus grosse part d’investissement sur le marché pétrolier en Irak, « en particulier dans la modernisation et la sécurité des infrastructures pétrolières irakiennes. »

Quid de la participation des entreprises du CAC 40 dans la reconstruction en Irak ?

Huit ans après avoir été écarté du champ pétrolier de Majnoun, au sud-est de l’Irak, le groupe anglo-néerlandais Shell souhaite aujourd’hui se retirer du marché du pétrole irakien. Avec ses gigantesques réserves estimées à plus de 12 milliards de barils, le champ pétrolier de Majnoun est l’un des plus grand du monde. Le PDG de Total[15] a rencontré le premier ministre irakien pour manifester de nouveau son intérêt quant à l’exploitation des champs pétroliers de Nassiriya et de Majnoun. Il s’agit de plus d’une implantation historique : Total avait été créée en 1929 pour exploiter les champs pétroliers irakiens. Total devra faire face à la concurrence de la deuxième compagnie pétrolière des Etats-Unis, Chevron, également intéressée par le champ pétrolier de Majnoun.

            L’exemple ci-dessus montre une constante propre au marché irakien : du fait du développement économique du pays, l’essentiel des contrats les plus importants concerneront le secteur énergétique. Si le marché de l’électricité semble à long terme fermé pour des investisseurs français, les opérateurs gaziers français peuvent s’insérer sur le marché de l’exploitation gazière, compte tenu du déficit d’infrastructures de l’État irakien et des ressources potentielles du pays. Le gouvernement a envoyé plusieurs signaux forts auxquels les investisseurs français doivent être réceptifs, alors que l’économie irakienne profite de l’envolée des cours du pétrole. L’actuelle stabilisation politique irakienne, avec à la tête du gouvernement une personnalité francophile, particularité singulière dans un pays marqué par l’influence britannique et américaine et les multiples interventions des représentants politiques français incite à considérer l’Irak comme un marché stratégique, notamment au regard de la fermeture du marché iranien.

            L’environnement juridique et légal irakien devrait continuer à s’assouplir pour attirer les investisseurs étrangers. La reconstruction nécessitera l’expertise d’entreprises performantes dans le secteur des transports et du bâtiment. Toutefois, ce marché devrait d’une part, rester un marché dont les PME françaises seront exclues, car elles ne disposent pas des ressources ni de l’expertise nécessaire pour tisser des liens en Irak et séduire les bons intermédiaires, d’autre part car, en dépit de la stabilisation politique actuelle,  les protestations sociales liées aux inégalités de richesses, à la corruption et aux services publics défaillants ainsi que le risque terroriste se maintiendront.

 

Bibliographie

Ouvrages

  • Martinez, Luis. « Chapitre 3. Rente pétrolière et régimes mafieux », Violence de la rente pétroliè Algérie – Libye – Irak, sous la direction de Martinez Luis. Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.), 2010, pp. 101-135.
  • Alahmad, « The Politics of Oil and State Survival in Iraq (1991-2003) : Beyond the Rentier Thesis », Constellations, 14 (4), 2007, p. 590.

Revues

  • Al-Saffar, Ali. « 2003-2015 : une situation économique fragile », Les Cahiers de l’Orient, vol. 121, no. 1, 2016, pp. 85-89.
  • Simonet, Loï « Les hydrocarbures du Kurdistan irakien, au cœur de l’imbroglio régional », Géoéconomie, vol. 74, no. 2, 2015, pp. 151-168.
  • Bakawan, Adel. « Les Kurdes d’Irak : une difficile formule politique », Confluences Méditerranée, vol. 105, no. 2, 2018, pp. 113-130.

Rapports

Articles de presses

[1]  https://www.transparency.org/country/IRQ

[2]  https://www.capital.fr/entreprises-marches/irak-ge-et-siemens-sur-les-rangs-pour-linfrastructure-electrique-1312075

[3] https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-usa-sanctions/u-s-imposes-sanctions-on-iraq-based-money-exchange-for-islamic-state-ties-idUSKCN1MR25E

[4] ttps://fr.timesofisrael.com/lirak-obtient-de-washington-un-delai-pour-ne-pas-plonger-dans-le-noir/

[5] https://www.reuters.com/article/us-iraq-gas-energy/iraq-orion-sign-deal-to-process-gas-from-giant-oilfield-idUSKBN1FB0W6

[6]  http://www.arabnews.com/node/1246236/middle-east

[7] http://www.rudaw.net/english/business/240720181

[8] http://www.rfi.fr/moyen-orient/20181116-irak-kurdistan-trouvent-accord-reprendre-exportation-petrole-turquie-kirkouk-k

[9] https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/en-irak-les-revenus-du-petrole-echappent-encore-et-toujours-a-la-population_2914825.html

[10] http://www.petroleum-economist.com/articles/upstream/exploration-production/2018/iocs-stay-committed-to-south-iraq

[11] https://www.spglobal.com/platts/en/market-insights/latest-news/oil/102518-analysis-iraqs-new-energy-ministers-face-hurdles-on-capacity-growth-power-supplies

[12] https://aawsat.com/english/home/article/1464076/turkey-eyes-iran-share-iraqi-markets-after-us-sanctions-hit

[13]https://www.citynews1130.com/2018/11/16/iraq-resumes-kirkuk-oil-exports-after-yearlong-pause/?fbclid=IwAR2fEPZcT8WDRV37zJJjGDqCQRjjGq25V8jLXfbWWFRmJWPE5a2MRNsZuPw

[14]  http://www.arabnews.com/node/1257811/business-economy

http://www.xinhuanet.com/english/2018-11/14/c_129993353.htm

[15]https://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/total-souhaite-se-renforcer-en-irak-993543.html?fbclid=IwAR2UQZ-JNmCxJZaLwxScA3LJrDS_DE0bJdGAZJPX0yrXvyt0H7vvB5yXODs

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