L’Arabie des Saoud

Par Yanis A.

Origines de la famille

La famille Al Saoud, issue de la tribu des Banu Hanifa, s’imposa durant la première moitié du XVIIIème siècle en se rattachant à la nouvelle doctrine islamique de Mohamed Ibn Abd Al Wahhab. En ayant participé à la propogation du Wahhabisme — doctrine d’Abd Al Wahhab — ce sera la fils de Saoud Ibn Mohammed Al Moqrin le chef de l’Oasis de Darya (ville désormais située dans les faubourgs de Riyad) , Mohammed Ibn Saoud Ibn Mohammed Al Moqrin qui créa le premier Etat saoudien en combattant le clan Al Watban, rival des Saoud.

Ainsi, en faisant allégeance à Ibn Abd Al Wahhab par le pacte de Darya, Mohamed Ibn Saoud Ibn Mohammed Al Moqrin devint de facto imam du premier Etat « Saoudien ».

La famille s’étend progressivement : ils prennent Riyad, une grande partie du Nejd, puis une partie du Hejaz à la fin du XVIIIème siècle et ils réussirent à prendre Médine et la Mecque qui furent sous domination Ottomane depuis le début du XVIème siècle. Mais les Ottomans s’opposeront fortement à la famille Al Saoud et décidèrent de les déstituer de leur pouvoir sur l’Arabie. Les plus hauts membres de la famille Saoud sont déportés vers Istanbul et massacrés par les autorités ottomanes.

Certains membres de la famille ont survécu dont l’un des fils d’Abdallah Al Saoud, qui soulèvera certaines tribus et prendra Ryiad au milieu du XVIIIème siècle. Cependant, les Saoud se divisent, des querelles familiales s’interposent, ce qui permettra à la famille Al Rachid de prendre in fine le pouvoir sur Ryiad, grâce à l’appui ottoman.

La chute de l’Etat Saoudien face à l’Émirat de Haïl, pousse donc les Saoud à prendre refuge au Koweit en 1893.

Le Troisième État Saoudien et la création du Royaume d’Arabie Saoudite

Grâce à un soutien exterieur, les Saoud profitent du déclin progressif de l’Empire Ottoman et de leur perte d’influence dans la région, pour reprendre Riyad en janvier 1902. L’émirat du Haïl, tout comme les Ottomans, bat en retraite, et les Saoud avancent progressivement et maîtrisent le centre de l’Arabie. Les Saoud soulèvent des tribus qui leur prêtent allégeance, et qui formeront la milice des « Ikhwan ». Les Ikhwan sont formés au combat et ont pour projet d’imposer leur vision de l’Islam dans toute la péninsule.

Au début de la Première Guerre Mondiale, deux familles qui ne sont sous la coupe des ottomans, sont approchées par les autorités britanniques : Les Saoud, et les Banu Hashim, une famille descendante du prophète Mohamed imposée à la fin du XVIIIème siècle par les ottomans dans la région, et qui se démarqua de ces derniers pendant la grande révolte arabe.

Les Hachémites (Banu Hashim) possèdent la Mecque jusqu’en 1924. Les Saoud arrivent en pelerins prennent la Mecque le 13 Octobre 1924.

Ibn Saoud, chef des Al Saoud prend possession du Hedjaz, du Najran, du Jizan et du Asir durant les années 1920, et unifie l’Arabie qui ne sera plus désormais le sultanat du Nejd, mais l’Arabie Saoudite, proclamée en Septembre 1932.

Le Royaume d’Arabie Saoudite

Les Ikhwan se rebellent face au manque de rigueur, et la modernisation exacerbée de l’Arabie. Les Ikhwan sont combattus par les Al Saoud, et l’ouverture du pays est maintenant sans obstacle. Ibn Saoud se chargera par ailleurs de sa descendance avant sa mort en 1953 : Il épousa une vingtaine de femmes, et eut de ces dernières une cinquantaine de fils et une trentaine de filles.

La dynastie des Saoud

Sur le plan international, les Etats-Unis et le Royaume d’Arabie Saoudite concrétisent leur alliance en 1945, par le pacte de Quincy, qui promet une protection miliaire américaine, en échange d’un accès au pétrole saoudien. Dans sa politique extérieure, la famille Saoud fut souvent mal vue de la part de certains pays arabes, pour sa coopération avec les Etats-Unis, qui apparaissent comme les plus grands alliés d’Israël.

Le roi saoudien qui marqua le plus le monde arabe fut probablement le troisième : Fayçal Ibn Abdelaziz Al Saoud, a participé à la fondation de l’OPAEP, et n’hésita pas à menacer les Etats-Unis et Israël lors de la guerre du Kippour en 1973.  Au départ favorable à certains nationalistes arabes tels que Nasser, il finit par se méfier de ce dernier et de son idéologie beaucoup trop proche de l’Union soviètique et un peu trop critique à l’égard des monarchies. Faycal Ibn Al Saoud est assassiné en 1975 par l’un de ses neveux.

Khaled, puis Fahd lui succèdent et la politique saoudienne changea peu à peu. Durant la guerre du golfe en 1990, l’Arabie Saoudite autorise l’accueil d’une coalition militaire sur son territoire bien que cela sera rejetée par une bonne partie de la population. En 2005, le Roi Fahd décède, c’est donc son frère Abdallah qui prend le pouvoir. Abdallah soutient directement ou indirectement  certains chefs d’Etat Arabe faisant face au printemps arabe, dont Ben Ali et Moubarak.

Cependant, l’élément caractéristique du royaume est la religion : la religion est la base du Royaume de l’Arabie Saoudite, et bien que l’application de l’islam paraît rigoureuse, il n’en demeure pas moins vrai qu’Ibn Saoud ouvra son pays à une modernisation qui fut extrèmement mal perçue. La majorité de la population se revendique conservatrice et la prise d’otages de la Mecque en 1979 témoignera de l’opposition à la modernisation d’une partie de la population qui se radicalisa fondamentalement. Maîtres des lieux saints, la légitimité des Saoud sur la Mecque et Médine est fortement contestée par les populations musulmanes, qui refusent voir leur lieu de pèlerinage aux mains d’une seule famille.

Suite à une pneumonie le roi Abdallah est décédé le 22 janvier 2015. Abdallah se présentait avant son intronisation, comme un conservateur, mais sa politique ne fut pas si conservatiste : il s’élance pacifiquement vers Israël et le Vatican. Durant sa jeunesse, il se passione pour le nationalisme arabe, et aimerait rejoindre le Caire. Mais il décida de rester au sein du Royaume, pour ne pas se faire écarter du centre politique. En devenant Roi, il ne cessa de s’opposer et se défendre face aux attaques de l’Iran et l’implication unilatérale de l’Arabie Saoudite dans le conflit syrien marqua une rupture entre les pays arabes, qui ne parviennent pas à établir de politiques communes.

C’est donc son demi-frère Salman ibn Abd Al Aziz Al Saoud, âgé de 79 ans et issu lui aussi de la seconde génération qui succède au défunt roi. Mais sa propre santé est, semble-t-elle également fragile, le tant attendu grand tournant dans la politique saoudienne va-t-il avoir lieu sous l’égide de ce nouveau règne ? Et qu’en est-il des relations avec l’Iran, un conflit ouvert va-t-il éclater ou bien les tensions s’apaiser ?

 

Une pensée sur “L’Arabie des Saoud

  1. Salam aleykoum. L’article est pas mal, c’est dommage que tu tombes dans les mêmes travers que l’intelligentsia mondiale en utilisant des termes comme wahhabisme et en donnant de manière assez “subliminal” un avis péjoratif dessus : “la nouvelle doctrine islamique de Mohamed Ibn Abd Al Wahhab”. Comme si Muhammad Ibn Abd Al Wahhab avait inventé une nouvelle religion, une nouvelle secte, alors que tout ce qu’il a fait c’est prendre les textes des anciens, as salafs, et les mettre en application.
    Un savant hanafi explique bien cela http://www.maison-islam.com/articles/?p=292
    (je prend volontairement un article d’un non “salafi” n’ayant pas étudié en Arabie pour ne pas paraître totalement partial.).

    Bonne continuation pour votre site, j’apprécie de vous lire 😉

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