Le Yémen en proie à une solution à Riyad ?

 Par Yanis Atigui

La crise qui frappe actuellement le Yémen de plein fouet, s’accentue de plus en plus depuis le début de l’année 2015. Dès la prise du palais présidentiel à Sanaa par les Houthis le 20 Janvier 2015, le pouvoir du président Hadi est mis au service de la milice chiite. Peu après avoir définitivement refusé de démissionner, il rejoint secrètement Aden. Le 8 Mars, le ministre de la Défense qui était soumis aux Houthis, le rejoint à Aden qui est entre-temps devenue officieusement la nouvelle capitale du Yémen.

Les Houthis durcissent leur politique qui est entièrement basée sur la répression militaire, en mattant les manifestations, notamment à Baida, le 12 Mars 2015. Face à l’affaiblissement du pouvoir politique central, le Yémen se voit une fois de plus plongé dans une violente Guerre civile menaçante pour l’unité du pays.

Le rôle des puissances étrangères

L’Iran soutient la révolte des houthis en raison de leur affiliation religieuse, et condamne l’actuel président. Le vice ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian a rappelé que Sanaa demeure « la capitale officielle et historique du Yémen » et a blâmé le gouvernement exilé à Aden, qui sera selon lui, «  le responable d’une désintégration du Yémen ». Il n’en demeure pas moins vrai que l’Iran alimente d’une part le conflit en soutenant les Houthis,  et d’autre part en les poussant à prendre le pouvoir

La plupart des diplomates étrangers ont quitté le territoire,  afin de ne pas finir entre les mains des milices qui combattent. Les derniers diplomates libérées furent saoudiens et iraniens. Ces deux derniers furent enlevés par Al-Qaida qui s’impose de plus en plus au Yémen.

L’Arabie Saoudite, qui joue depuis plusieurs années le rôle du médiateur afin de maintenir l’unité au Yémen, accueillera — depuis que Sanaa n’est plus le centre de décisions et de discussions — au Conseil de coopération du Golfe à Riyad, les différents acteurs de ce conflit. Le CCG a été crée en 1981 sous l’impulsion de l’Arabie Saoudite. C’est une organisation avant tout économique, mais elle assure aussi la prospérité politique en alliant les différents états du Golfe sous la bannière de la paix.

En ce qui concerne les invités à cette réunion, il y a des chances que les Houthis ne soient pas invités car le président Abd Rabo Mansour Hadi aurait convié « toutes les parties politiques yéménites désireuses de préserver la sécurité et la stabilité du Yémen ». Le président yéménite aurait aussi insisté pour que le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, le sultanat d’Oman et le Koweït soient présents à cette rencontre.

Sur les relations yémeno-saoudiennes :
La famille Saoud est historiquement liée au Yémen. Leur proximité géographique leur impose de facto une constante communication, mais l’ancien système tribal qui demeure toujours ancré dans la politique actuelle, a façonné ces deux pays appartenant à la nation arabe. L’Arabie Saoudite soutenait l’imamat en place au Yémen et s’opposait constamment aux mouvement républicains notamment marxisants, qui se soulevaient au Yémen. L’unification des deux Yémen n’a donc jamais été réellement souhaitée par l’Arabie Saoudite, initialement favorable au maintien d’un sud indépendant.

Cette rencontre permettra aussi de contrebalancer et de faire le point sur la situation des pays du golfe en général. L’influence de l’Iran se fait pesante, et inquiète de plus en plus les pays touches tels que le Bahreïn et bien évidemment le Yémen.

Les enjeux de la Guerre civile

Ce conflit entre explicitement dans le cadre de la “Guerre Froide“ du Moyen Orient contemporain. L’Iran et l’Arabie Saoudite ont énormément à jouer dans ce conflit tout comme l’URSS et les Etats-Unis en avaient durant la guerre de Corée. Le pouvoir en place détermine la politique mené par le pays, et les deux politiques — proposées d’une part par les Houthis et d’autre part par les Sunnites — s’avèrent être amplement opposées.

Le gouvernement yéménite fait, tout comme le pouvoir syrien actuel, face à une rébellion, et un mouvement islamiste qui est en l’occurrence au Yémen, Al-Qaida. Les deux camps ne souhaitent pas diviser le Yémen, en revanche, ils souhaitent tous deux être à la tête d’un seul et même état.

Seul les pays arabes et l’Iran semblent se sentir directement concernés par le conflit. La réunion qui prendra place à Riyad permettra-t-elle de trouver une issue durable au conflit ?

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