Les Beni Amer: histoire d’une tribu arabe au Maghreb

Par Yanis A.

Sowt tente à travers cet article de retracer l’histoire de l’une des tribus arabes qui contribua à l’Histoire du Maghreb. Le maintien de la tradition orale, et le manque d’écrits sur ces sujets ont plus ou moins empêché une réelle analyse historique, laissant une période creuse dans la conscience et l’analyse de l’histoire de la région.

L’histoire des Bani Amer est par ailleurs intéressante étant donné qu’elle demeure représentative de l’histoire de beaucoup de tribus arabes du maghreb qui de conquêtes en conquêtes ont connu différentes alliances politiques, religieuses et  ethniques, mais aussi des guerres que ce soit au sein même de la tribu, contre des tribus berbères ou ensemble contre des des envahisseurs étrangers.

Les Bani Amer forment l’une des plus anciennes et des plus grandes tribus de l’Oranie. Ils étaient d’ailleurs reconnaissables par leur fameux ouchoum (وشم ) c’est à dire un tatouage, qui représentait une étoile sur la tempe ou bien à la joue gauche.

Les Bani Amer au coeur des invasions hilaliennes

La tribu des Beni Amer est venue au Maghreb lors des invasions hilaliennes entre le Xème et le XIème siècle. C’est Yaghmoracen, grand chef berbère de la dynastie zianide, qui les installa au sud de Tlemcen. Selon Pierre Boyer, archiviste paléographe francais, ils deviennent maghrébins dès le XIIe siècle. En effet, ils leur fallut pas moins de deux siècle pour atteindre l’Oranie et s’y implanter de manière durable.

Au XIIIè siècle, ils se retrouvent avec d’autres tribus arabes, dont les Beni Yacoub, Beni Yazid et Bani Chaffaï, des tribus arabes nomade du Mzab. Au cours de leur migration vers l’ouest, ils s’installent autour de Djebel Amour, région peuplée par une confédération berbère, d’origine zénète, les Beni Badin, qui contrôlent au nom des Almohades la partie occidentale de l’Oranie.

Djebel Amour(tribu arabe), anciennement Djebel Rached (tribu berbère)

A la chute du Califat Almohade, les Abd el Wadide, fraction des Beni Badin, et les Beni Merin (ou Mérinides), autres tribus berbères, tentent de s’imposer à Tlemcen et enfin asseoir leur autorité. Pour cela, ils font recours à une pratique très répandue à cette époque : recruter des mercenaires arabes. Les Beni Merin sollicitent l’aide des Banu Maqil, tribu arabe venue du Yémen qui n’était pas appréciée des tribus dominantes notamment les Banu Sulaym. Les Beni Badin font eux appel aux Beni Amer qui s’installèrent dans le “désert de Tlemcen au XIIIème siècle.

Carte illustrant les trois dynasties régnantes au Maghreb : Mérinides, Zianides, Hafsides

Cette bataille entre les Zianides et les Mérinides s’est principalement faite autour des tribus arabes qui ont servi les armées durant les expéditions guerrières. A la fin de son règne, Yaghmoracen décida de rompre ses alliances avec les Beni Amer, et une partie d’entre eux, les Bani Yacoub ont été contraint de quitter la région pour le désert. Cette décision fut capitale pour le royaume zianide, puisque Tlemcen sera par la suite assiégé par les Mérinides de 1297 à 1304. Les Bani Yacoub décidèrent alors de proposer leurs services aux Mérinides qui bien qu’initialement réticents, acceptèrent. Ainsi, les Zianides n’ont pas eu d’autre choix que de s’allier une nouvelle fois avec les Banu Hamid, tribu soeur des Bani Yacoub avec qui ils forment les Bani Amer.

Les Mérinides prennent Tlemcen en 1337, et repoussent les Bani Amer jusqu’à Kairouan, ville où ces derniers s’impposeront avec bravoure en 1348 auprès des Hafsides et des Zianides. Leur rôle sera également prépondérant au moment de la restauration du royaume de Tlemcen.

A l’instar des autres tribus arabes, les Banu Amer n’hésitaient pas à se mettre au service de l’ennemi ou d’un autre souverain. A cette époque les tribus arabes du Maghreb étaient pour la majorité des mercenaires qui en cherchant le profit, se découvraient une cause au fil des guerres. Yahya Ibn Khaldoun, frère d’Ibn Khaldoun, dit à leur sujet : “Les Bani Amer, selon leur habitude, firent défection. Qu’Allah les maudisse ! Les Arabes zoghbiens sont des gens coutumiers de trahison”.

Bien que toutes les batailles leur aient permis d’acquérir du territoire dans l’Atlas tellien, ils continuèrent à nomadiser, comme le décrit Ibn Khaldoun “pendant l’hiver, ils parcourent les régions du désert et au printemps, ils montrent dans le tell pour y passer la saison d’été”.

Carte illustrant l’Atlas Tellien

Ils ne cultivent pas et refusent de se sédentariser, mais ne cessent de percevoir l’impôt sur les Berbères sédentaires. Il fallut attendre 1365, lors de la révolte d’Abou Zian et le soutien au sultanat Abou Hamou Moussa II, pour  que “la puissance des Arabes se fit sentir de nouveau” selon Ibn Khaldoun. Il ajouta : “Du reste, son gouvernement (du sultan Abou Hamou) abandonna tout le plat pays et il s’en fallut de bien peu qu’ils ne s’emparassent aussi des grandes villes”.  

C’est donc au XIVème siècle que les Bani Amer sont investis par le sultan de Tlemcen , qui fait d’eux des chefs de contingents du makhzen, et obtiennent de manière officielle et confirmée les différents territoires qu’ils possédaient. Ils obtiennent par ailleurs de nombreux mariages avec des femmes de la famille royale étant donné que les alliances matrimoniales étaient très courantes. Cependant, leur mode de vie les condamna à être devancés par des subdivisions de la tribu formées de clans, et c’est de cette manière que les Beni Yacoub, et les Beni Hamid n’existent progressivement plus en tant que tel au profit de nouveaux clans : Ouled Moussa, Ouled Brahim, les Chaffaï.

Le célèbre explorateur Léon L’Africain disait à propos des Beni Amer au XVème siècle : “Ces Arabes habitent sur les confins des royaumes de Tlemcen et d’Oran et nomadisent dans le désert de Tegorarin (Gourara). Ils sont stipendiés par le roi de Tlemcen. Ce sont des hommes d’une grande bravoure et très riches. Ils sont dans les 6000 (on compte un peu plus de 20 000 hommes) beaux cavaliers, bien équipés”.

Alors, bien évidemment il est important de mentionner le fait qu’un réel brassage eu lieu entre les Arabes et les Berbères sédentaires qui ont vu leur organisation interne traditionnelle profondément bouleversée. Une prédominance de “l’élément berbère”dans certaines tribus tels que les Ouled Khalfa, Ouled Ali, Ouled Slimane perturba et changea l’ordre et les rapports internes. Pour d’autres, c’est l’élément arabe qui prédomina, ce fut par exemple le cas chez les El Aadjezz/Azzedj/Hazedj, qui furent un ensemble de marabouts berbères zénètes arabisés et qui étaient rattachés aux Beni Amer. Il constituait avec les Ouled Abdallah, les Ouled Moussa et les Ouled Brahim, la nouvelle forme des Bani Amer, tribu dominante dans l’ouest oranais. Cette exemple illustre un phénomène qui eut lieu à travers tout le Maghreb. L’historien espagnol Marmol écrivit à leur sujet au XVI siècle et préféra les considérer arabes étant donné leur mode de vie, le lieu où ils vivaient et leurs habitudes. Dans son ouvrage L’Afrique, Marmol les qualifie de “nobles”, “belliqueux”, “fiers” et de Seigneurs des berbères”.

La période ottomane et l’Oranie espagnole

Au XVIème siècle, deux nouveaux acteurs interviennent dans les affaires tribales internes et externes : les turcs et les espagnols, qui sont bien plus armés et qui ne feront pas preuve d’indulgence comme ce fut le cas avec les Zianides et les Mérinides. Comme le souligne Pierre Boyer, ce fut ” des cavaliers équipés d’arcs, d’épées et de lances face à des formations plus solides et disciplinées, armées d’arquebuses et de canons”.

Une autre tribu entre en scène à cette même époque : les Beni Rached. Les Beni Rached sont une tribu berbère qui avaient été chassés du Djebel Amour (chaîne montagneuse au centre de l’Algérie) par la tribu arabe Bani Amour (à ne pas confondre avec Bani Amer). Peu nombreux et affaiblis, ils durent s’unir avec plusieurs petits clans berbères isolés afin de devenir alliés de Tlemcen. Les Zianides ont donc choisi leurs nouveaux alliés au détriment des Beni Amer. Par conséquent, une réelle rivalité s’installe entre les deux concurrents au makhzen.

Les Bani Amer sont les premiers à rencontrer les espagnols à Oran, mais en 1535 ils s’inclinent et sont contraints de s’effacer militairement. Après une première défaite face aux espagnols en 1535, les Bani Amer tentent une nouvelle fois de renverser le pouvoir tlemcenien désormais allié des espagnols en 1536, mais s’avereront vaincus et contraints à retourner dans le désert.

Pendant plusieurs années, plusieurs opportunités s’offrent à eux, les espagnols leurs proposent de tenter de prendre le pouvoir à Tlemcen, mais les Bani Amer refusent d’agir au moment venu. De plus, la tribu se trouva de plus en plus divisée ce qui causa de mauvais calculs politiques, et chaque clans entretient ses propres relations politiques. Les Ouled Moussa, les Ouled Abdallah ou encore les Ouled Ali – des subdivisions des Bani Amer- ont par exemple soutenus les espagnols lors du Grand siège d’Oran et de Mers el-Kebir  en 1563, alors que les Ouled Brahim furent quant à eux alliés du beylik.

En 1708, Oran tombe aux mains des turcs. La prise d’Oran se fit en partie grâce à une alliance matrimoniale entre le bey Bouchelaghem et les Bani Amer qui offrirent une fille des Ouled Ali et une fille des Ouled Zaer.

En 1727, le voyageur et ecclésiastique britannique Thomas Shaw indique les avoir rencontrés dans la même région (Oranie). Il rencontra les Bani Amer entre Arzew et la Sebkha et également les différents clans qui en découlent les Ouled Ali, Ouled Moussa, Oulad Khalfa et les Chaffaï qui sont présents jusques l’ouest oranais.

Au cours du XVIIIè siècle, les turcs tentent de désintégrer les anciennes confédérations tribales qui font régner l’anarchie, et vont créer des tribus “artificielles”  -pour reprendre les termes de P.Boyer- en Oranie, notamment les Douairs et les Smela (dont découle le terme Smala qui signifie un ensemble de tentes réunissant différents clans arabes). Ainsi, les Beni Amer ont été contraints de quitter la région ou bien de s’assimiler aux nouvelles tribus artificielles. Ce fut un réel déshonneur pour cette tribu arabe qui vantait ses mérites sur le champs de bataille et qui mettaient en avant le caractère noble du clan. Les Beni Amer furent considérer raïa (رعية), c’est à dire sujets, au même titre que les autres tribus et donc contraintes à payer l’impôt et non plus de le lever.

Ils sont désormais scindés en deux groupes :

  • Bani Amer Gharba (de l’ouest) : Ouled Khalfa, Ouled Zaer, Ouled Sidi Abdelli, Ouled Mimoun, et une partie des Beni Hassan (tribu saharienne).
  • Beni Amer Sherga (de l’est) : Ouled Ali, Hazedj, Ouled Slimane, Ouled Brahim, Ouled Sidi ben Youb et une tribu berbères essentiellement composés de marabouts les Cherfa Guetarnia.

Tous ces événements ont eu d’importantes conséquences sur l’organisation des Beni Amer. De nombreux échanges avec les tribus berbères dites “maraboutiques” ,notamment la Derkaouia, se sont imposés en vue de s’unir au pouvoir croissant du beylik. Les unions ont été si nombreuses que les berbères composaient presque 30% de la confédération. Ensemble, ils ne cessèrent de se révolter contre le beylik, ce qui serva de prétexte pour récupérer certaines de leurs terres.

Les Beni Amer sous le joug français

S’étant progressivement sédentarisés et ayant accumulés les défaites, les Beni Amer sont à la veille de l’arrivée des français, une raïa parmi d’autres. Ils sont à ce moment réputés pour être des cultivateurs, et non plus de grands cavaliers arabes craints par les autres tribus et au service des princes.

En 1833, ils s’allient à l’Émir Abd El Kader qui est un Hashem, mais cette alliance se trouva quelque peu perturbée. En effet, une fois l’Oranie libérée du joug ottoman, les Beni Amer pensaient qu’ils retrouveraient leur ‘indépendance, ils refusèrent donc de payer l’achour ( impôt coranique dû au Prince). Cependant, ils acceptèrent par la force de payer cet impôt, se voyant menacés par les tribus fidèles à l’Émir. Ils se rapprochèrent de plus en plus de l’Émir qui les respecta pour la bravoure  dont ils firent preuve au fil de l’histoire. L’Emir Abd El Kader réunifia la tribu qui avait été scindée en deux par les turcs sous le nom d’Aghalik des Beni Amer qui comprenait les Ouled Slimane, Ouled Brahim ( qui comptaient parmi eux les Ouled Sidi Khaled et Ouled Sidi Bouzid), Ouled Sidi Ali ben Youb, Douï Aissa, Ouled Mimoun, Mahimat, Ouled Sidi Abdelli, Ouled Khalfa, Ouled Djebarra, Ouled Sidi Messaoud, Ouled Abou Amer, Ouled Abdallah, Ouled Zaer, Hazedj, Ouled Sidi Machou, Ouled Sidi Ghalem, Ouled Al; Maïda, Cherfa Guetarnia et des Beni Hassan. On dénombre pas moins de 5 200 cavaliers et 4 400 fantassins réunis autour de 7 400 tentes selon P. Boyer.

En 1842, les Beni Amer s’inclinent après avoir soutenu l’Émir dans son combat face à l’envahisseur. Une partie d’entre eux suivent l’Emir Abd El Kader jusqu’au Maroc, mais seront forcés de revenir sur leurs terres pour survivre. L’administration française s’inspira du modèle ottoman et divisera une nouvelle fois la tribu des Beni Amer en deux l’une rattachée à Oran, l’autre à Tlemcen.

 

 

En 1845, ils tentèrent de se soulever en attaquant le nouveau poste de Sidi Bel Abbès, mais ce fut un échec. Ils furent réprimés, désarmés et privés de leurs animaux par les autorités françaises, plusieurs cheikhs furent internés à Sainte Marguerite, le caïd, lui, s’enfuit au Maroc.

Suite à la victoire écrasante de des troupes arabo-berbères face à l’officier Lucien de Montagnac à la bataille de Sidi Brahim, l’Emir Abd El Kader réussit à percer l’Oranie jusqu’à Aïn Temouchent et enfin rejoindre les Beni Amer Gharaba ( c’est à dire ceux de l’ouest). Le Calife de Tlemcen, Bou Hamidi, réussit quant à lui à rejoindre les Beni Amer Cheraga ( ceux de l’est). Ces retrouvailles eurent pour but de réussir à rejoindre le Maroc où de nombreuses tribus soutiennent les fidèles de l’Emir Abd El Kader. Les Beni Amer- mis à part les Ouled Ali- furent donc contraints de quitter l’Oranie en délaissant un immense territoire.

Bataille de Sidi Brahim, 1845

Le séjour aux portes du Rif ne se déroula pas comme convenu, les Beni Amer ne s’entendaient pas avec les tribus vivant de l’autre côté de la frontière et n’étaient d’ailleurs pas satisfaits d’avoir quitter leurs terres. Bugeaud, alors Gouverneur général de l’Algérie, proposa de les rapatrier, mais refusa de leur céder leurs anciennes terres. En effet, ce fut un moyen pour la France de repeupler l’Oranie qui était militairement incontrôlable depuis leur départ. Mais il changea d’avis et préféra créer un village européen à Sidi Bel Abbes.

Certaines familles des Beni Amer et des Beni Hachem seront sélectionnées pour revenir vivre dans la région. Bugeaud affirma par ailleurs que les Arabes sont les ennemis de la domination française en Algérie, et que les administrateurs français devaient empêcher un accroissement du nombre d’arabes dans la région. C’est cette logique coloniale- dont le grand Louis Massignon fait aussi référence- qui tenta d’effacer au fil des années le caractère arabe de l’Algérie.

Souhaitant revenir sur leurs terres et sous la pression du Sultan Moulay Abderrahman, une des partie des Beni Amer quittèrent le Rif en 1847 pour reprendre la route vers l’Oranie et retrouver l’Emir Abd El Kader en chemin. Cependant, leur instinct de bédouins guerriers ressurgit et ils pillèrent tout sur leur chemin, jusqu’au soulèvement de certaines populations berbères soutenues par le Sultan. La bataille fut lancée,  ils combattirent sur trois jour,. Le manque de munitions leur causa une lourde défaite et la perte de 400 hommes, ainsi que la capture des enfants et des femmes. Les cavaliers Beni Amer chargés d’annoncer la défaite à l’Émir arrivèrent trop tard. L’Emir Abd El Kader ne put les venger et préféra prendre la route vers l’est.

Les Benir Amer qui étaient restés au Maroc (Ouled Zaer, Ouled Sidi Abdelli, Ouled Sidi Khaled, Ouled Sidi Ben Ayoub et d’autres)  et qui n’avaient pas combattu décidèrent de rentrer en Oranie sous peine d’être tués ou chassés. Plusieurs centaines de Beni Amer atteignirent Nedroma et demandèrent alors Al Aman, c’est à dire une garantie d’avoir la vie sauve, d’être en sécurité, auprès des autorités françaises. Ils deviennent une réelle source de conflits entre Tanger et Alger et inquiètent de plus en plus les deux camps. C’est le célèbre diplomate et arabophone Léon Roches qui s’occupa de leur rapatriement vers l’Algérie. Dans une lettre du 19 janvier 1849 au Ministre des Affaires étrangères Drouhin de Lhuys, il expliqua à quel point les Beni Amer souhaitaient rentrer en Oranie : “ Ils se jetèrent à mes pieds, me disant : il vaut mieux nous tuer ici que nous renvoyer au milieu des Marocains qui déshonoreront nos femmes sous nos yeux, nous assassineront et vendront nos enfants, car c’est ainsi qu’ils ont agi à l’égard de nos frères”. Grâce à un accord avec le caïd Ben Abd Saddok, les Beni Amer purent rentrer, cinq ans après leur exil, par un convoi réunissant les tribus berbère insurgées des Beni Bou Yahi et Beni Snassen.

Ce fut un réel échec pour cette tribu qui perdit son caractère nomade, et qui de plus passa de 4 197 tentes en 1844 à 3 801 en 1851. En revanche, ils étaient passés de 24 582 personnes à 28 196.

L’évolution de certains clans de la tribu

Leurs territoires furent renégociés par le Senatus Consulte du 22 avril 1863, un texte qui imposait de manière inégale une délimitation systématique des terres entre le pouvoir français, les clans qui avaient totalement émigrés et ceux qui étaient restés.

Les Ouled Zaher ont à titre d’exemple échappé au découpage territorial, contrairement au Ouled Mimoun. Ce redécoupage fut d’ordre administratif, et est considéré comme l’un des derniers coups aux tribus arabes, perdant progressivement leur identité et en les privant même de leur nom qui changeront en les réduisant à des hommes des champs utiles à la récolte et l’élevage. Ils ne pouvaient qu’accepter, étant donné que c’est bien évidemment tout ce qu’il leur restait.

Les Beni Amer ne seront plus jamais la tribu nomade, qui régnaient en maître sur l’Oranie et qui s’imposaient comme de farouches opposants aux envahisseurs étrangers. Bien que toujours organisés autour de l’Islam et de l’organisation tribale religieuse, ils se replièrent pour ne plus avoir à combattre ou à négocier des terres, et restèrent dans la région qui les a vu devenir maghrébins sur plus de huit siècles.

 

Photos du sud de l’oranie à la fin du XIXeme siècle.

 

Source principale pour l’article : BOYER Pierre, Historique des Béni Amer d’Oranie, des origines au Senatus Consulte

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