Trump, Pompeo et l’Accord iranien : Un mois de mai explosif ?

Par Yannis B. et Yanis A.

Donald Trump vient d’annoncer le retrait des Etats Unis du Joint Comprehensive Plan of Action, accord conclu en juillet 2015 encadrant les velléités militaires du programme nucléaire iranien. Le retour à un haut niveau de sanctions est prévu pour les prochains jours. Cette décision n’a rien d’un coup de sang, mais est l’aboutissement d’un plan de dénonciation bien rôdé. La récente tournée au Proche-Orient du nouveau secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo préfigurait un mois de mai déterminant pour le Monde Arabe. Les échéances sont multiples : élections libanaises et irakiennes, déplacement de l’Ambassade américaine à Jérusalem, 70ème  anniversaire de la création de l’Etat d’Israël,  Accord sur le nucléaire iranien en péril … Autant de sources de crispations que l’administration Trump compte instrumentaliser afin d’asseoir sa vision de la géopolitique régionale, et renforcer sa crédibilité en interne comme à l’international, en vue des négociations avec la Corée du Nord.

“Récompenser nos amis, punir nos ennemis !” Cette maxime résume le virage amorcé depuis le premier voyage à l’étranger, en Arabie Saoudite, du Président Trump en mai 2017. La tactique floue du “leading from behind” des années Obama laisse désormais place à la simplicité de la fermeté. La diplomatie américaine a aujourd’hui le mérite de la clarté. Des alliés fidèles auprès desquels Mike Pompeo a réitéré le soutien américain : l’Arabie Saoudite, Israël et la Jordanie. Un ennemi désigné devant être contenu et puni coûte que coûte : la théocratie iranienne et ses protégés régionaux. Une véritable guerre d’influence et de communication se déploie ainsi depuis l’arrivée au Royaume saoudien du secrétaire d’Etat Pompeo. Révélations tonitruantes du Premier ministre israélien le soir du 30 avril, surchauffe des chancelleries européennes, grand écart du Président français Emmanuel Macron, rupture par le Maroc des liens diplomatiques entretenus avec l’Iran, agitations via médias interposés et réseaux sociaux surexcités … Nous assistons à une partie de poker géante, et la mise est colossale : la paix mondiale.  

Riyad, garant de l’ordre régional

Lors de son déplacement à Riyad, le nouveau secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, s’est montré clair et ferme, en accusant l’Iran d’être «le plus grand sponsor du terrorisme dans le monde», de déstabiliser l’ensemble de la région, de vendre «des armes aux Houthis [que combat l’Arabie saoudite] au Yémen», de diriger «des campagnes de piratage informatique» ou encore de soutenir «le régime meurtrier d’Assad» en Syrie.

Mike Pompeo, ancien directeur de la CIA, s’envole pour une tournée au Proche Orient deux jours après que sa nomination ait été validée par le Sénat. Il est accueilli le samedi 28 avril par son homologue saoudien Adel Al Joubeir (Credits : USA Department of State)

Situation au Yémen

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une escalade des tensions au Yémen, où le Royaume saoudien mène une intervention militaire en soutien au président légitime yéménite contre les Houthis, milice soutenue par l’Iran. Pour rappel, cette intervention est soutenue par la communauté internationale : la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’ONU réitère ainsi son soutien à la légitimité du Président du Yémen, Abdo Rabbo Mansour Hadi, et demande de nouveau à toutes les parties et aux États Membres de s’abstenir de tout acte susceptible de porter atteinte à l’unité, à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale du Yémen, ainsi qu’à la légitimité du Président du Yémen.

Les autorités saoudiennes ont affirmé avoir intercepté le vendredi 27 avril un missile tiré par les Houthis, tandis que la veille, la coalition dirigée par Ryad avait mené un raid sur Sanaa, tuant des dizaines de rebelles dont deux commandants. Les interceptions de missiles se multiplient, et renforcent les tensions avec le rival iranien. Le 4 novembre 2017, un missile en provenance du Yémen avait déjà été intercepté près de la capitale saoudienne. « L’implication de l’Iran dans la fourniture de missiles aux Houthis est une agression militaire directe par le régime iranien et pourrait être considérée comme un acte de guerre contre le Royaume » avait alors rétorqué le prince héritier Mohammed Ben Salmane (MBS).

Ce fut donc l’occasion pour Mike Pompeo de souligner la nécessité de faciliter l’accès aux missions humanitaires et au transport de carburant, mais également de mettre fin à la rébellion Houthie qui a plongé le pays dans une guerre asymétrique causant des dégâts humains et matériels considérables.

Situation dans le Golfe

La visite de l’ex-militaire a permis d’aborder l’épineuse question du Qatar, talon d’Achille de la péninsule arabique. Les différentes dissensions, nuisibles à l’unité de la péninsule, facilitent l’influence iranienne. Le Conseil de coopération du Golfe, créé d’ailleurs en 1981 dans le contexte de la Révolution islamique d’Iran, aurait dû progressivement instaurer une unité régionale, mais le volet militaire de la coopération n’avance que très lentement, et les différents pays-frères de la Péninsule ne sont plus sur la même longueur d’onde : le Qatar a été quasiment exclu à la suite des dissensions avec Riyad et Abu Dhabi ; Oman, avec qui l’Iran a traditionnellement fondé sa coopération autour de la gestion du détroit d’Ormuz et d’importants échanges économiques, maintient sa position de médiateur entre ses pays voisins et le pays des Ayatollah ; le Koweït refuse la mise en place d’une armée commune. Concernant les Emirats arabes unis, sa position à l’égard de l’Iran est particulièrement ambigüe. En effet, si Abu Dhabi se montre agressif à l’égard de l’Iran en soutenant la diplomatie saoudienne, la position de Dubaï est toute autre et ce pour des raisons économiques étant donné qu’une importante communauté d’affaires iranienne est présente sur le territoire.

Le Qatar est quant à lui assimilé au ver dans la pomme, car ne voulant pas se plier aux exigences d’une attitude unie face aux agissements iraniens. Pour rappel, la mise au ban du Qatar au début de l’été 2017 avait été soutenue par la Maison Blanche contre l’avis du secrétaire d’Etat de l’époque Rex Tillerson. Soulignons également que Mohammed Ben Salmane fut nommé prince héritier deux semaines après le début de l’embargo. Si, en faisant pression sur le Qatar, les USA ont obtenu du petit émirat la signature d’un Memorandum of understanding visant à renforcer la lutte contre le terrorisme, c’est en contrepartie d’un rapprochement avec le voisin iranien. Dès le début du conflit, l’Iran a ouvert son espace aérien et maritime, approvisionner le Qatar en biens de première nécessité, et critiqué l’atteinte à la souveraineté du Qatar. Aujourd’hui, Qatar et Iran renforcent leur coopération de manière significative sur une multitude de domaines. Lors de sa visite, Pompeo a insisté sur la nécessaire unité des pays arabes du Golfe, profondément divisés depuis la mise à l’écart du Qatar, afin de faire face au défi posé par l’Iran.

“Les ennemis de mes ennemis sont mes amis” : le rapprochement israélo-arabe

Accusé d’avoir bombardé une base en Syrie (11 morts), Israël et l’Iran n’ont jamais été aussi près d’un affrontement armé. En effet, Israël crie constamment son inquiétude de voir s’établir des bases iraniennes permanentes en Syrie, à une poignée de kilomètres de ses frontières. Le secrétaire d’Etat américain s’impose alors en médiateur entre ses alliés arabes et l’Etat hébreux afin de mener à bien la politique d’endiguement de l’Iran.  L’Arabie Saoudite et Israël sont dorénavant considérés en états soldats. Pour les deux parties, l’objectif est de mettre entre parenthèses les différentes rancunes, et d’activer une stratégie commune pour contrer l’influence iranienne dans la région.

En mars 2018, lors de son déplacement à New-York, MBS aurait fustigé les dirigeants palestiniens pour avoir rejeté les opportunités de paix avec Israël pendant des décennies. Curieusement, cette déclaration n’a été révélée que lors du déplacement de Pompeo. Encore, une preuve que la guerre d’informations est au centre des rapports de force à l’oeuvre.

“Au cours des 40 dernières années, le leadership palestinien a manqué des occasions encore et encore, et a rejeté toutes les offres qui lui ont été faites (…) il est temps que les Palestiniens acceptent les offres et acceptent de venir à la table des négociations – ou ils devraient se taire et cesser de se plaindre”, MBS

La diplomatie saoudienne a définitivement revu ses priorités, et placé le dossier iranien en pole position. MBS a néanmoins souligné que des progrès substantiels devaient encore être réalisés avant que l’Arabie Saoudite et les pays arabes n’osent approfondir leur relation avec Israël.

“Il doit y avoir des progrès significatifs vers un accord avec les Palestiniens avant qu’il ne soit possible de faire avancer les négociations entre l’Arabie saoudite, le Monde arabe et Israël”

Dans un entretien avec Jeffrey Goldberg pour le magazine The Atlantic Mohamed Ben Salmane a fait part de sa vision du Moyen-Orient et n’a pas hésité à faire mention d’une potentielle coopération à l’avenir. Il a également réaffirmé que “les Palestiniens et les Israéliens ont tous deux le droit d’avoir leur propre terre”, réitérant qu’un accord avec les Palestiniens était une condition préalable aux relations formelles et que l’Arabie Saoudite continuerait d’être préoccupée par le sort de la mosquée sacrée de Jérusalem et sur les droits du peuple palestinien.

Le rapprochement israélo-saoudien a été rendu possible grâce au contexte des événements en Syrie, et bien que l’Arabie Saoudite ne reconnaisse toujours pas officiellement l’Etat hébreux, il se pourrait qu’elle se fasse un jour le fer de lance d’une normalisation diplomatique.

Lors de la deuxième étape de sa tournée, Mike Pompeo a également tenu à rassurer le partenaire jordanien de l’engagement des Etats Unis pour la stabilité régionale. Ayman Safadi, le ministre des Affaires étrangères du Royaume hachémite s’est félicité de la zone de “cessez le feu” instaurée dans le sud de la Syrie, et réaffirmé l’engagement de son pays dans la lutte contre l’Etat Islamique. Pompeo a su faire preuve de diplomatie en appelant à relancer le processus de résolution du conflit palestinien. Les deux partenaires ont aussi annoncé être tombés d’accord sur “le besoin urgent de s’opposer à la présence déstabilisatrice de l’Iran” dans la région.

Le bloc belligérant se dessine : les Etats arabes et Israël s’allient de fait pour contenir l’Iran, au nom et à la place des USA.

Lundi 30 avril, Mike Pompeo rencontre le Roi jordanien et son ministre des Affaires étrangères.

La dénonciation de l’Accord de Vienne : la fabrication d’un casus belli ?

La stratégie du “cheval fou” de Trump est payante : le monde en parle, le monde attend, le monde a peur. En fixant aux signataires européens l’ultimatum du 12 mai pour renforcer le bad deal, Trump fait peser la charge des négociations sur les chancelleries du vieux continent, prêtes à tout pour ne pas avoir recours à la puissance. Dans un récent entretien donné au journal Le Figaro, l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine témoigne de cette aversion : “Les Américains voudraient garder leur puissance, ils ne savent pas comment. Travaillés par une rhétorique sermonneuse et moralisatrice, fondée sur le remords instrumentalisé des guerres et de la colonisation, les Européens eux ont peur de la puissance.”

Trump a une volonté, il l’applique envers et contre tout, y compris au péril du multilatéralisme. La pulsion politique qui a porté Trump au pouvoir est de deux ordres. Primo, le refus du politiquement correct. Deuzio, le besoin de décisions fermes renouant avec l’esprit de conquête. Réputé imprévisible et fort de ses déclarations sur le “plus mauvais deal de l’histoire”, Trump inquiète avec la nomination des faucons Mike Pompeo et John Bolton à des postes hautement stratégiques. Le rétablissement de l’establishment néoconservateur est redouté de tous. La rencontre entre le nouveau secrétaire d’Etat et le Premier ministre Israélien le 29 avril a confirmé les craintes : les Etats Unis se retireront de l’Accord de Vienne. L’Iran est attaqué médiatiquement et politiquement de toute part. Le soir du 30 avril, Benyamin Nétanyahou dévoile devant les journalistes du monde entier une tonne de dossiers et une armoire de CD (55 000 pages et 183 CD). L’Iran aurait menti sur ses activités nucléaires, et poursuivi ses recherches après la fin du projet AMAD en 2003. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a beau rappeler l’ancienneté de ces informations et l’impeccable respect par l’Iran de ses engagements, il n’en sera rien. Le temps médiatique surpasse le temps de la raison. La meilleure des défenses reste l’attaque. Nétanyahou joue le bluff jusqu’au bout en envoyant des représentants israéliens aux Etats Unis et en Europe pour partager les innombrables documents que le Mossad aurait récemment subtilisé aux autorités iraniennes. Tout est bon pour torpiller l’Accord sur nucléaire. Même le lointain Maroc surgit sur le devant de la scène en rompant ses relations diplomatiques avec l’Iran en invoquant un soutien apporté au Front Polisario … Le timing est intéressant. Des médias révéleront par la suite que Donald Trump aurait demandé à une entreprise israélienne d’espionner des membres de l’ancienne administration Obama, afin de corroborer aux yeux du grand public la piètre qualité de l’Accord.

Les plus traumatisés par le mensonge ayant cautionné l’invasion de l’Irak n’y verront qu’une répétition de l’Histoire. Il faut avant tout comprendre que la stratégie israélienne est rationnelle : torpiller, preuves à l’appui, l’Accord revient à s’arroger le droit à la légitime défense. D’une part, en Syrie où milices chiites et iraniennes sont à la manoeuvre pour garantir la pérennité de l’Etat Syrien. Le ministre de l’Energie et membre du Cabinet de sécurité Yuval Steinitz vient d’ailleurs de déclarer sèchement que “si le Président syrien Bachar el-Assad continue d’autoriser l’Iran à opérer en territoire syrien, Israël le liquidera et renversera son régime”.  D’autre part, au Liban où le Hezbollah et ses alliés sortent renforcés des élections législatives. Le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett répond violemment à ce succès électoral : “L’Etat d’Israël ne fera pas de différence entre l’ Etat souverain du Liban et le Hezbollah et considérera le Liban comme responsable de toute action en provenance de son territoire”. De son côté, Ali Akbar Velayati, conseiller pour les affaires internationales auprès de l’ayatollah Khamenei affiche fièrement sa joie : “Cette victoire complète les succès militaires. Le peuple libanais et ses représentants, à savoir le Hezbollah et les autres groupes de la résistance, l’ont emporté dans la lutte face à Israël et à ses alliés, notamment les Etats-Unis”.

Lors de l’annonce du retrait américain, Donald Trump prend pour argent comptant les informations divulguées par Israël. Selon lui, l’Iran a menti, et l’Accord n’empêchera en rien le développement d’un programme militaire après 2025.

 

 Le Premier ministre Israélien révèlant dans la soirée du 30 avril des “preuves concluantes” que l’Iran   aurait menti à la communauté internationale sur son programme nucléaire

Perspectives stratégiques

Depuis son entrée à la Maison Blanche, Trump a par deux fois refusé de certifier que l’Iran remplissait ses engagements. En janvier, le Président avait toutefois signé la levée des sanctions, mais en avertissant qu’il ne le ferait peut être pas à la prochaine échéance en mai (120 jours séparant les levées des sanctions selon le National Defense Authorization Act).  Trump avait tout intérêt à annoncer le retrait de l’Accord. Tout d’abord, pour rassurer le coeur de son électorat et satisfaire les réseaux néoconservateurs incarnés par son neveu Jared Kushner. Ce dernier, conseiller spécial et envoyé du Président dans la région, sera d’ailleurs présent (et Trump absent) lors de la très symbolique cérémonie de déplacement de l’Ambassade à Jérusalem. Ensuite, pour montrer au reste du monde qu’il tient parole et afficher sa fermeté ! Cette fermeté est aussi un gage de sérieux adressé à la Corée du Nord (nucléaire) et à la Chine (guerre commerciale).

L’effet d’annonce d’hier soir n’a d’intérêt qu’à la lumière d’une analyse globale de l’attitude qui sera adoptée contre l’Iran. Derrière la communication coup de poing, l’administration américaine prépare ses cartes. Trump annonce le retour triomphant du plus haut niveau de sanctions. Le coup de tonnerre risque d’isoler les Etats Unis mais permet d’organiser une pression massive et soudaine contre l’Iran dans une perspective de bouleversement du Régime. L’allocution présidentielle est d’ailleurs très marquée par l’hostilité à l’égard du Régime, qualifié de criminel et accusé de priver son peuple d’avancées. Dans le cas de figure où l’Iran chercherait le rapport de forces, Israël et l’Arabie saoudite, les alliés galvanisés par la visite de Pompeo, répondront militairement en invoquant la légitime défense. La France, l’Allemagne et Londres accusent le coup mais restent prêts à tout pour éviter l’escalade. Les ministres des Affaires étrangères des trois pays européens ont marqué leur attachement à l’accord en l’état, tout en se montrant sensibles aux revendications américaines à la prise en compte des déstabilisations iraniennes.

En définitive, La priorité retenue par le Président américain reste assez floue pour plonger l’Iran dans le doute : renégocier un meilleur accord ? Négocier un accord plus large tenant compte des activités déstabilisatrices de l’Iran ? Adopter une politique de changement de régime ? Attiser les rivalités régionales en se défaisant d’un accord jugé liberticide ? Trump est prêt à négocier, mais à ses conditions. Dans tous les cas, l’Iran est à la merci de la décision américaine.  Si le régime se braque, et se retire de l’Accord (et par conséquent de tout contrôle par l’AIEA) il s’expose à des sanctions multilatérales lourdes et autres frappes préventives. S’il accepte des concessions sur son programme balistique et ses influences régionales, l’Iran réformateur perd la face, donnant ainsi crédit à l’anti américanisme primaire en interne. Si l’Iran reste attaché à ce qu’il considère comme étant des prérogatives de souverainetés (programme balistique, sunset clauses du JCPOA, ingérences dans les pays voisins), le Régime devra faire face à une contestation croissante face au marasme économique et le sentiment d’isolement de sa population suite au rétablissement des sanctions américaines. Les Iraniens ont beau agir, l’Amérique domine la partie.  Dans une déclaration publique, le président iranien Hassan Rohani annonce que l’Iran est prêt à reprendre ses activités nucléaires. Il se dit cependant prêt à poursuivre les discussions avec l’Union européenne, la Russie et la Chine. Comme convenu, les européens réitèrent leur attachement mais accueillent les demandes américaines. Emmanuel Macron déclarent que “Nous (européens) travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak.” L’Europe sous traite les ambitions américaines, en espérant que les intérêts de ses grandes entreprises en Iran soient épargnés par le rétablissement des sanctions.

Le cadre de décision de l’Iran est extrêmement contraint : le rapport de force aux risques de manifestations internes et d’attaques israéliennes, ou la soumission à ce qui lui apparaît comme une décision immorale, illégale et illégitime. Les Iraniens sont héritiers d’une nation civilisée et fière. Cette fierté est ici piétinée par le retrait des américains. Les prochaines semaines nous montreront vers quelle cible cette fierté se tournera : les USA ou le Régime ?

Force est de constater que Donald Trump s’en sort bien : il évite l’isolement en ayant convaincu ses partenaires régionaux et internationaux de l’activité déstabilisatrice de l’Iran, il affiche une parole solide et crédible face à la Corée et la Chine, il préserve une marge de manoeuvre en se disant prêt à négocier un nouvel accord, et impose à son ennemi du moment (l’Iran) des dilemmes sources de tensions internes.

 

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